le ridicule ne tue pas
J'avoue que je suis plutôt maladroite comme fille. A l'époque où j'étais encore en école d'arts (il y a deux ans de cela, avant que je ne change d'orientation... J'aime diversifier les plaisirs)..
Par une fin d'après-midi grise et morne, me voilà entrant dans un bus très fréquenté avec mes deux seules amies, qui s'avèrent être également mes collègues de cours depuis des années.
Je suis très sélective. Mais j'ai beaucoup de copines, rassurez-vous...
Nous sommes compressées contre la vitre, mon énorme farde verte et noire (la très caractéristique farde des artistes) emmerde les passagers près de moi, mais je m'en fous car je les emmerde aussi parce qu'ils respirent trop et que la buée dégoulinante sur les fenêtres me dégoûte.
On en était là de cet agréable trajet lorsque 10 minutes plus tard, nous voici arrivées à notre arrêt. Qui se trouve être l'arrêt "principal", à savoir celui hautement fourni en usagers des transports en communs.
Enfin libre, je sors de ce maudit bus, toute guillerette et conversant avec mes deux potesses. Nous descendons sur la route pour la traverser (il faut savoir que c'est une route large, uniquement empruntée par les bus, et entre l'arrêt "aller" et celui "retour" en face...il y avait donc beaucoup de monde). Donc, emportée par le flot intarissable de l'histoire extraordinaire que je leur contais, je ne vois pas cette excroissance du macadam vers laquelle mon pied se dirige et...
Et je vole littéralement en avant, un pied cognant contre la bosse, l'autre s'envolant en l'air en même temps qu'une de mes chaussures, qui devait retomber deux mètres plus loin tandis que ma farde à dessin m'échappe des mains et s'en va un peu plus loin sur la route.
Moi, je me retrouve à genoux au milieu de la route, un bus à trois centimètres de ma tête et en plein fou rire. Le temps de récupérer ma farde et ma chaussures, et je continue mon chemin comme si de rien n'était, avec une chaussures en main et devant les passants époustouflés par tant de grâce.
Plus de deux ans après, mes amies en reparlent comme de l'évènement classé dans le Top 10 des plus drôles que l'on ait vécu ensemble.
Heureusement, le ridicule ne tue pas...
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